Commission du développement du tourisme de la municipalité de Pékin


D’autres objets auspicieux : Mettre la chance de son côté

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La vie des Chinois est imprégnée de fétichisme, de symbolisme, et de superstition. Un porte-bonheur peut être un objet, mais aussi un aliment lié à telle ou telle fête, un geste à faire ou à éviter, ou une parole à prononcer dans telle ou telle circonstance.

On se souviendra du bonnet d’enfant en forme de tête de tigre dont j’ai déjà parlé comme porteur de chance. On confectionne aussi des chaussures de tissu en forme de chauvesouris. Les semelles intérieures pour adultes sont souvent ornées de motifs auspicieux. Quand c’est la fiancée qui les confectionne pour son amoureux, elle ne manquera pas d’y broder le double xi ou « double bonheur » des époux.

Les douze animaux du zodiaque brodés ou peints, sous forme de porte-clefs, ou en statuettes de porcelaine sont des porte-bonheurqu’on offre en cadeau à un ami né sous le signe de l’année en cours. Pour ma part, j’ai conservé toutes les « chèvres » que j’ai reçues.

Tous ces objets sont brodés, mais ne sont pas tous des « boules ». Ils ont en commun un long cordon qui permet de se les passer au cou, ainsi que des franges. À quoi servent ces « boules brodées » ? On les trouve surtout dans les régions d’ethnies minoritaires du sud. Là, les traditions matrimoniales sont très différentes de celles des Han.

Les Zhuang du Guangxi, par exemple, célèbrent, le 3 du Troisième mois, le Geyu (ou Gepo). C’est une fête qui remonte à la dynastie des Tang (618-907). On en trouvera l’historique détaillé dans mon ouvrage Pays en fêteS, publié par China Intercontinental Press.

Pour l’occasion, hommes et femmes revêtent leurs plus beaux atours et se rassemblent sur les collines, dans les bois de bambous et sur les prés pour improviser des dialogues chantés. Tous les domaines du savoir peuvent faire l’objet d’un dialogue : astronomie, géographie, histoire, société, travail et, naturellement, les sentiments amoureux. Pendant un jour et une nuit entiers, deux groupes de garçons et filles échangent à distance questions et réponses, exprimant leurs sentiments avec spontanéité et vivacité devant un public attentif.

Typique de la fête est le lancement de balles de soie brodées, de formes, dimensions et couleurs variées. Les balles portent un ruban coloré à la partie supérieure et un bouquet de franges en-dessous. Après un certain temps de chant dialogué, on commence à lancer ces balles entre les deux rangs de garçons et filles, qui se font face. Si un participant ne réussit pas à attraper la balle au vol, il doit comme pénitence chanter ou s’exhiber dans un numéro quelconque. Les jeunes filles non mariées jettent furtivement la balle brodée au jeune homme qu’elles préfèrent, lequel remet en retour un mouchoir ou une serviette, et, à travers le chant, les amoureux s’échangent des promesses de mariage. Des milliers de spectateurs assistent au Geyu chaque année.

Un autre objet porte-bonheur est le Ruyi (如意; rúyì). Ce « sceptre » cérémonial est un talisman symbolisant le pouvoir et la bonne fortune. Il a la forme d’un S allongé, et sa tête représente un poing, un nuage ou un champignon. Le Palais impérial de Beijing en possédait 3000. Il est généralement fait de matériaux comme l’or, l’argent, le bambou, certains bois précieux, l’ivoire, le corail, la corne de rhinocéros, la laque, le cristal, le jade et d’autres pierres précieuses. Celui-ci, fabriqué de bois rouge et porte trois médaillons de jade en relief.

Le nom ruyi est composé de deux mots dont le sens est « suivant les souhaits de votre cœur » ou « selon vos désirs », ainsi que d’un adjectif comme « satisfait, plaisant, à l’aise ». Placé près de la porte d’entrée, il aurait la possibilité de « trier » les gens qui pénètrent dans la maison ainsi que leurs intentions.

La superstition est présente partout autour du monde, mais elle est hautement colorée chez les peuples d’Asie, d’Afrique, et d’Océanie. On a beau ne pas y croire, n’empêche que les manifestations de superstition sont intéressantes à découvrir.

Aussi, dans les grandes familles chinoises, la tête d’un défunt reposait sur un oreiller de jade. Celui-ci est en forme de tigre, roi des animaux; on peut percevoir le caractère wang, 王, sur son front.

Pourquoi cet oreiller funèbre s’ouvre-t-il comme une boite ? C’est que le défunt aurait besoin de soudoyer les gardiens de l’autre monde pour entrer dans sa nouvelle résidence… Alors, les membres de sa famille déposaient de l’argent dans l’oreiller, et personne n’oserait voler un défunt qui dort sur son pécule.J’ai acheté cet oreiller dans un marché d’antiquités dans les années 1990. On me demandait pourquoi. D’abord, parce que c’était la première fois que j’en voyais; ensuite, je trouvais l’idée intéressante. J’essaie autant que possible de faire « servir à quelque chose » mes objets de collection. À cet oreiller funèbre j’ai assigné la fonction de retenir la porte de la véranda en cas de courant d’air. Très lourd, il n’a jamais failli à la tâche.

china.org

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