Commission du développement du tourisme de la municipalité de Pékin


La maison dans les hutong

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Quand on habite à Beijing, quoi de plus traditionnel que d'habiter dans une vieille maison à cour carrée en plein cœur des hutong de la vieille ville ? C'est le rêve qu'ont réalisé Ludivine et Gauthier qui ont entrepris de rénover une maison pas très loin de la Cité interdite.

«Habiter ici, ça donne l'impression d'être à la campagne », commence d'emblée Gauthier. « Au départ, avec Ludivine, on habitait dans un appartement en colocation dans une tour de 28 étages dans le quartier de Wudaokou. Mais quand Ludivine a commencé à travailler, on a eu envie de changer et d'habiter plus dans la vieille ville de Beijing, et de trouver une maison dans les hutong. »

Les hutong sont les rues du vieux Beijing, ces ruelles plus ou moins étroites, qui vont de la largeur d'un homme pour les plus étroites à la largeur d'une voiture pour les plus grandes. Dans ces hutong se trouvent des maisons chinoises traditionnelles organisées autour d'une ou plusieurs cours carrées suivant l'opulence du propriétaire. Aujourd'hui, ces maisons, pour la plupart, ont été transformées en espèce de HLM agrémentées de constructions plus ou moins sauvages qui occupent l'espace de la cour primitive et donnent une légère impression de « jungle urbaine » en plein cœur de la capitale.

Trouver une maison à rénover

« On a visité une vingtaine de maisons avant de trouver la nôtre. La plupart des maisons que l'on a vues n'étaient pas très spacieuses ou pas bien rénovées ou trop proches des autres habitants de la cour. C'est très difficile à trouver avec des cours privées, et avec toutes les pièces attenantes », nous raconte Gauthier, qui travaille comme ingénieur de chantier pour un bureau d'architecte belge à Beijing.

« Au départ, on cherchait quelque chose d'habitable en l'état, mais c'était souvent trop cher et pas très bien refait, alors on a trouvé cette maison assez spacieuse avec une petite cour privative dans une très grande ancienne maison qui a à peu près 150 ans. L'ancien locataire, qui était français, nous a laissé la maison en octobre 2015 et on s'est arrangé avec le propriétaire et mon patron pour signer un bail de 5 ans avec le prix des rénovations inclus dans le bail », décrit-il.

Là où les travaux commencent...

Dans son jus, la maison consiste en une grande pièce de 50 m² avec une mezzanine et une salle de bains agrémentée d'une cour privative. L'ensemble avait déjà été rénové, mais les derniers travaux dataient d'il y a une dizaine d'années. La charpente centenaire, bien que très impressionnante, laissait passer la poussière et le sable des années à travers les fissures et les trous. Les toitures chinoises sont constituées de chevrons recouverts d'un plancher en bois sur lequel une couche d'un mélange d'herbe et terre est posée afin de faire une pseudo isolation. Sur cette couche sont maçonnées les tuiles. « La première chose que j'ai remarquée, c'est que l'isolation était très mauvaise. Il y avait 11 radiateurs pour seulement 50 m², ce qui était légèrement inquiétant... Le haut de la cloison ouest, qui donne sur une galerie extérieure pour passer à la troisième cour était fait de planches de bois entre lesquelles on voyait dehors. On a donc d'abord fait poncer toutes les poutres et la charpente parce qu'elles étaient poussiéreuses et pour éclaircir la pièce, puis on a posé une couche d'isolant sur les chevrons et le mur ouest. »

« La baie vitrée qui donne sur l'extérieur était très belle, en bois avec des poignées en cuivre, mais les portes étaient gondolées, sans vrai double vitrage et pas hermétiques. On a gardé les mêmes ouvertures mais on a remplacé par des châssis en aluminium de couleur pour garder la lumière et la largeur des baies, tout en rendant la maison plus économe en énergie », ajoute Gauthier.

Les vieilles maisons chinoises de Beijing ont souvent un avant-toit très large qui permet de garder la fraîcheur l'été en empêchant les rayons directs du soleil d'entrer en été lorsque le soleil est haut dans le ciel. La pièce étant très sombre à l'origine et la cour devant la maison assez réduite à cause du pignon de la maison du voisin, il était nécessaire de faire des ouvertures pour faire entrer la lumière. « Au départ, quand on a parlé de faire des velux dans le toit, le propriétaire n'était pas très enthousiaste, parce que ça ne se fait pas trop en Chine. Il n'en voyait pas l'utilité. Mais quand je lui ai expliqué que la maison était si sombre qu'on devait allumer la lumière pendant la journée, il a finalement accepté. On en a installé un dans la mezzanine et un dans le salon », décrit-il.Faire un chantier en Chine est une expérience assez particulière, mais qui n'effraye pas Gauthier, dont c'est le métier depuis plus d'une dizaine d'années. « J'étais déjà ingénieur de chantier en Belgique, et les ouvriers en Europe sont de plus en plus souvent étrangers. Je ne pouvais pas vraiment communiquer avec eux autrement que par le geste ou le dessin, donc même si je ne parle pas assez bien chinois pour tout faire comprendre aux ouvriers qui travaillaient à la maison, je communique autrement avec des dessins et le vocabulaire de la construction en chinois, ce qui peut être bien pratique dans ce genre de situation. »

Rapide et pas cher

En tout pour le chantier, Gauthier a déboursé près de 70 000 yuans qu'il compte amortir sur 5 ans. Des frais moindres et avec des délais parfois dix fois moins longs qu'en Europe : « Pour les châssis de la baie vitrée par exemple, ça n'a pris qu'une semaine entre la mesure, la fabrication et la pose, alors qu'en Europe, ça prend en général six semaines », explique-t-il.

En tout, le chantier, qui est presque terminé, aura duré 5 mois : de mi-octobre à fin mars. Les travaux : ponçage de la charpente, isolation, pose d'enduits sur les murs et peinture, pose des nouvelles fenêtres, auront duré un peu plus d'un mois et demi. « Les ouvriers travaillent 7 jours sur 7 et à plusieurs. Ils ne sont pas forcément super efficaces, mais le chantier a été terminé relativement rapidement avec des pauses pendant l'hiver et la fête du Printemps », décrit Gauthier.

« On a travaillé avec un ouvrier qui fait souvent des rénovations pour notre cabinet d'architecte et a refait la maison à cour carrée dans laquelle sont installés nos bureaux. Je lui fais confiance et ses prix sont intéressants. Mais j'avais des exigences un peu particulières, notamment au niveau de la sécurité de l'installation électrique. Je lui ai fait réaliser une installation conforme aux normes belges, installer avec le nombre de circuits nécessaires et les disjoncteurs et section des câbles correspondants. Alors qu'il voulait m'installer un énorme disjoncteur raccordé à un circuit unique, je lui ai aussi fait encastrer les câbles alors que d'habitude, ceux-ci sont apparents ou dans des gaines électriques sur les murs ou le long des plinthes », détaille Gauthier.

Taobao : la caverne d'Alibaba

Gauthier a acheté la plupart de l'équipement de la maison sur Taobao, équivalent chinois d'Amazon. « Pour tout ce qui est électroménager, meubles de salle de bain, lampes, luminaires, prises, interrupteurs, mitigeur pour la douche, aération pour la salle de bain, j'ai tout acheté sur Taobao. C'est moins cher, il y a le choix et c'est pratique car on a pas besoin d'aller dans les magasins de bricolage qui sont souvent à la périphérie de Beijing et où on ne trouve pas forcément tout. Notamment des choses que je voulais comme une hotte rétractable, une plaque à induction ou encore un lave-vaisselle, qui ne sont pas des produits très en vogue en Chine. J'y ai aussi achetéle porte-serviettes électrique chauffant. Le meuble de la salle de bain a aussi été fait sur mesure sur Taobao. »

Pour l'extérieur, Gauthier va aussi passer par le site de vente en ligne. « On a prévu d'installer une gouttière pour éviter que la pluie qui tombe des toits de la maison et de celle du voisin n'inonde la cour l'été. On va aussi acheter les bacs à plantes et les plantes sur Taobao. »

« Quand on choisit une maison, on choisit aussi ses voisins. »

Vivre dans les hutong implique des choix de vie assez particuliers et notamment celui de la promiscuité avec ses voisins. Dans la grande maison à cour carrée que se partagent Ludivine, Gauthier et leurs voisins : une quarantaine de familles habitent dans des maisons plus ou moins grandes. Certains sont d'anciens résidents propriétaires, d'autres locataires, jeunes couples ou encore étrangers.

« C'est vrai que le chantier a un peu bousculé les voisins, mais c'est inévitable. Certains étaient curieux de voir ce qu'on faisait et venaient sur le chantier quand ils n'avaient rien à faire, ce qui fait que parfois, on s'est retrouvé avec presque une dizaine de curieux sur le chantier. Les sentiments des voisins étaient mitigés. Certains se demandaient pourquoi il y avait besoin de faire tant que travaux que ça alors que c'était déjà très bien dans l'état. D'autres trouvaient cela super, notamment le velux et l'isolation. »

Un des voisins ne voulait pas que Gauthier et Ludivine installent de toilettes dans la salle de bain, de peur de l'entendre dans leur maison qui la jouxte. Requête quelque peu incompréhensible pour un étranger qui n'a pas l'habitude qu'on lui dise ce qu'il doit faire chez lui et surtout dans sa salle de bain… Par l'entremise du propriétaire, Gauthier a finalement pu installer ses toilettes.

« La plupart des voisins nous ont bien accueillis. Je pense que c'est important d'avoir de bonnes relations avec eux, sachant qu'on va rester au moins trois ou quatre ans et qu'on est très proches les uns des autres vu que les maisons sont presque toutes mitoyennes. »En attendant, il reste encore à faire : la terrasse en bois dans la cour, la peinture des boiseries à l'extérieur, aménager une plate-bande, et aussi, profiter un peu des beaux jours qui arrivent dans la capitale…

今日中国

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