Le Bonheur est dans le Hutong  

Beijing Toutes les personnes que j’ai eu le grand plaisir de recevoir chez moi savent que j’ai le bonheur d’habiter dans un appartement qui bénéficie d’une immense terrasse. En plein c?ur de Marseille, cette vénérable pièce supplémentaire me permet de redécouvrir chaque matin la magnifique vue des vieux toits en tuiles romaines de la ville accompagnés par endroits des d?mes de lumières des cages d’escaliers qui s’élancent vers le ciel comme autant de flèches de mini cathédrales en verre. Je conserve cet appartement avec grand plaisir, malgré les quelques désagréments qu’il peut avoir car je ne pensais pas, jusqu’à aujourd’hui, trouver mieux. Cela fait maintenant presque deux semaines que je suis sur Beijing. Je ne peux pas dire que ce soit le meilleur endroit pour moi en Chine, mais mes histoires de Visa (encore !) me coincent ici jusqu’au 8 octobre. J’ai eu beaucoup de mal à pouvoir déposer ma demande de prolongation de visa car l’administration chinoise me demandait un certificat d’hébergement. Le premier jour je l’avais oublié à l’h?tel. Le deuxième, j’apprends que ce n’est pas le bon papier et ensuite j’ai d? changer d’h?tel pour des raisons d’économies. Le nouvel établissement quoique très propre et bon marché ne pouvait me convenir longtemps, car ici il faut une autorisation spéciale pour pouvoir prendre des clients étrangers et l’h?tel ne l’avait pas donc toujours pas de certificat d’hébergement. Quand enfin j’ai trouvé un h?tel aux prix abordables qui voulait bien me délivrer ce fameux certificat, il a fallut que j’attende quelques jours qu’une chambre se libère. Je m’y suis installé à regret et seulement pour trois nuits. L’établissement est plut?t sale, je n’ai droit qu’à la salle de bain commune qui est tout au fond du couloir de cinquante mètres et les toilettes sont à l’étage inférieur. Dès que j’ai eu mon certificat d’hébergement, je suis allé déposer ma demande à l’administration. Une dernière chinoiserie m’a fait sourire plus qu’autre chose, j’avais rempli le formulaire avec mon stylo noir, mais comme la largeur de l’écriture n’était pas assez épaisse, l’agent n’était pas certaine que l’encre soit noire. Il a donc fallut que je remplisse une nouvelle fois le formulaire avec les stylos mis gracieusement à la disposition du public par l’administration chinoise. La vrai mauvaise nouvelle est arrivée quand l’agent m’a expliqué que le traitement de mon dossier ne va pas prendre une heure comme me l’avait laissé entendre une expatriée, mais une semaine. Comme la semaine suivante est l’une des rares semaines de congés pour tout les fonctionnaires en raison de la fête nationale, je ne pourrais récupérer mon passeport que le 8 octobre. De retour du bureau des visas, j’ai donc demandé à Liu Ly s’il pouvait m’aider à trouver un autre h?tel que le taudis dans lequel je cohabitais avec les cafards. Il m’a amené dans un autre quartier, limitrophe à notre Hutong, où il y a de nombreux h?tels car plus touristiques que notre coin pourtant tout juste situé de l’autre c?té de la grand rue. Nous avons traversé ce quartier et poursuivis encore une centaine de mètres pour arriver dans un établissement tout beau tout propre, où il semblait bien conna?tre la patronne. Sans doute l’une de ses tantes. Ils acceptent de m’héberger pour 50 Yuan la nuit ! Nous montons voir la chambre et là c’est le ravissement. La pièce est minuscule, moins de 6 m?. Il y a une salle de bain en proportion égale à la chambre, mais la jeune fille qui nous a accompagnée m’explique qu’il n’y a pas toujours assez de pression pour faire monter l’eau chaude jusqu’au troisième étage. Le vieux poste de télévision ne capte pas CCTV 9 la cha?ne anglophone des informations chinoises. Reste que cette merveilleuse chambre a été construite en panneau sandwich de chambre froide, mais pour mon plus grand bonheur elle est situé sur le toit terrasse de l’h?tel. Tout autour de ma chambre, je bénéficie de tout le reste de la terrasse qui doit bien faire 80 m?. Comme nous sommes au deuxième étage (le rez-de-chaussée est compté comme un niveau pour les chinois, il n’utilise pas le zéro qu’ils ont pourtant inventé) j’ai vue sur plusieurs ruelles du Hutong et plusieurs groupes d’habitations. Un immense peuplier planter dans la cour d’à c?té me nourrira d’ombres par son feuillage en grappe et je m’imagine déjà, installant table et chaise à l’extérieur pour écrire de nombreuses pages avec cette vue magnifique sur les vieux toits de la ville en tuile grise sur lesquels poussent des champs d’herbes sauvages. Le bonheur est dans le Hutong ?


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