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L'expérience d'un Canadien sur l'opéra de Pékin

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"Etirement, roulade arrière, poirier, séance de maquillage, puis démaquillage, combat acrobatique... mon expérience de l'opéra de Pékin fut un exercice physique intense", explique Skott Taylor, un Canadien âgé de 31 ans qui a étudié en Chine le rôle du guerrier de l'opéra de Pékin.

En 2008, Skott étudiait les beaux-arts à l'Université Concordia de Montréal, et sa matière principale, "Théâtre et Développement", concernait en partie l'opéra de Pékin. Comme la plupart des Occidentaux, il s'intéressait beaucoup au kung-fu et à la boxe traditionnelle chinoise, mais était particulièrement attiré par les arts martiaux dans l'opéra de Pékin. Son université et l'Académie nationale des arts du théâtre chinois (NACTA) à Beijing ayant lancé un programme d'échanges, Skott sauta sur cette opportunité pour venir étudier l'opéra de Pékin dans la capitale chinoise, dans le cadre d'un programme intensif de huit mois.

"La langue constituait une importante barrière. Je ne parle pas couramment le chinois, et l'opéra de Pékin possède ses particularités", indique Skott au sujet des difficultés de s'initier à l'opéra de Pékin.

Cependant, les arts martiaux sont un art théâtral muet plus facile d'accès pour un Etranger, et en raison de ses propres goûts, Skott a choisi l'étude de la représentation des guerriers, en particulier celle du Roi des Singes (Sun Wukong).

Sa sagesse et sa malice, ainsi que ses pouvoirs magiques, rendent ce rôle excitant. Par ailleurs, le maquillage et le costume du personnage sont instantanément reconnaissables, ce qui ajoute au charme et à l'aura du rôle, poursuit Skott.

Ce Canadien a choisi le nom chinois "Shi Haotian", c'est-à-dire "celui qui bouleverse le Palais céleste".

Pour lui, l'opéra de Pékin est une forme d'art dynamique, élégante et précise, caractéristique de la vaste culture chinoise. "Il est très difficile d'en saisir tous les aspects sans en perdre ou en diluer le sens", précise-t-il.

Le rôle du guerrier exige une grande maîtrise des arts martiaux et des acrobaties, et il faut parfois tenir une position de manière répétée lors des entraînements. On dit parfois qu'une seule minute de représentation sur scène équivaut à dix ans d'entraînement. Cependant, avec le soutien et l'encouragement de ses enseignants, Skott a persévéré dans ses études et a réalisé de grands progrès.

"Au cours de cet apprentissage, j'ai beaucoup ressenti l'influence de la culture chinoise", se rappelle Skott, ajoutant avoir pris plaisir à découvrir l'opéra de Pékin.

En tant que membre du premier groupe d'étudiants de ce programme d'échanges, il estime avoir l'obligation de partager ses connaissances sur l'opéra de Pékin avec tous ceux qui sont intéressés par la culture chinoise au Canada.

La pièce qu'il préfère et souhaite faire découvrir aux Etrangers est Sanchakou (à la croisée des chemins). Même si cette pièce n'a ni dialogues ni chants, ses arts martiaux sont représentatifs de l'aspect physique de l'opéra de Pékin. Sans obstacle linguistique, ce spectacle est également plus accessible pour les Etrangers, estime-t-il.

Sa seule représentation en Chine a eu lieu à la NACTA à la fin de ses études. Il est ensuite retourné à Montréal et s'est produit dans le quartier chinois avant d'être invité à présenter une pièce au Musée canadien des civilisations, à Ottawa.

"Notre représentation était loin d'être parfaite, mais les ressortissants chinois au Canada étaient très excités. En outre, de plus en plus d'étudiants de l'Université Concordia se sont découvert un intérêt pour l'opéra de Pékin, indique-t-il , ajoutant que le programme d'échanges entre son université et la NACTA se poursuit.

"Si vous vous passionnez pour un aspect de la culture chinoise et consacrez votre temps et votre énergie à l'étudier, vous aurez de grande chances de réussir", assure-t-il. "Je suis fier car j'ai fait des efforts pour promouvoir l'étude et la connaissance de l'opéra de Pékin au Canada".

Actuellement, Skott travaille à établir sa société, NewSeed Creative Consulting, spécialisée dans la culture. Il espère intégrer dans son travail et sa vie quotidienne les techniques théâtrales qu'il a apprises, notamment les mouvements de l'opéra de Pékin.

"Bien que la transmission et l'héritage de l'opéra de Pékin soient confrontés à de nouveaux défis en Chine, je reste passionné par cet art", souligne Skott.

china.org

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