Commission du développement du tourisme de la municipalité de Pékin


La Chine en mode vintage

1485833333

Le vintage dansl'habillement a gagné la Chine et de plus en plus de jeunes ou de moins jeunesaiment ce style. Sur Gulou Dongdajie à Beijing, nous avons fait le tour desmagasins pour en savoir plus.

Cette mode duvintage, apparue à New York, Londres et Paris dans les années 90, commence àpercer depuis quelques années en Chine. « C'est surtout après la sortie dufilm Gatsby le Magnifique que ça a commencé à vraiment se populariser »,nous explique Liu Ke, la gérante du Mega Vintage, magasin spécialisé dans levintage américain et d'ex-URSS. Dans sa vitrine, deux mannequins (John etPauline) habillés dans le style country des années 50 et plein d'objetsvintage : des vieilles plaques d'immatriculation, des vieux téléphones àroue, des sacs en cuir, une vieille malle en carton…

Une fois pousséela porte, on a l'impression d'avoir pris une machine à remonter le temps.« On me ramène beaucoup de petits objets pour la décoration, nous expliqueLiu Ke, je ne les vends pas, c'est pour créer une ambiance. » Musiqueswing en prime, vous pourrez admirer la collection de vieux jouets et de bijouxaccrochée aux murs, ou encore rêver devant ce vieux blouson en cuir des années20 encadré comme une relique.

« Cela fait7 ans que j'ai ouvert ce magasin. Avant, c'était surtout des clientsconnaisseurs qui achetaient chez moi. Aujourd'hui, de plus en plus de gensaiment cette mode et achètent chez nous. Pas forcément des choses chères, maisles gens aiment bien avoir une ou deux fringues vintage dans leurgarde-robe », ajoute celle-ci.

Pas très loin surGulou Dongdajie, on trouve le Vintage Caravan, un concurrent, beaucoup plusmodeste, mais au look complètement différent : ici, tout est pep's, rose,à fleurs et bariolé. « J'ai ouvert il y a un an, parce que j'ai toujoursaimé m'habiller en vintage, mais aussi parce que je n'aime pas levintage "sobre", nous explique la gérante, beaucoup de gensconfondent vintage et vieillot. J'aime beaucoup la période des années 60-70,c'était un style plus extravagant, moins uniforme que ce qui se faitaujourd'hui dans la "fast fashion". »

Un véritable artde vivre et de concevoir la mode

Pour la plupartdes gérants de magasins que nous avons interviewé, le vintage, ce ne sont passeulement « de vieux habits de seconde main », ce qui se résumerait àde la friperie, mais une culture et un art de vivre.

Pour la gérantedu Vintage DDR, magasin spécialisé dans la mode de l'ancienne RDA et de l'URSS,c'est un peu la nostalgie d'une certaine époque. Dans son magasin, du mobilierEst-allemand, des affiches de propagande soviétique, le marteau et la faucilleaccrochés au mur et plein de petits objets qui font de l'endroit à la fois unmagasin de vêtement et une brocante où vous pourrez trouver vieilles lampes,cendriers, miroirs, porte-monnaie, bijoux et vinyles de l'époque.

Pour le patron duUnderground Vintage, spécialisé dans le vintage américain homme, s'habilleravec du vintage c'est une façon de se démarquer et de retrouver un style à soiet d'avoir des habits que tout le monde ne porte pas. Chez lui, on trouve desblousons de baseball, des vestes en cuir, des vestes de costume en laine et deschemises à carreaux typiques des années 50-60, sa période de prédilection.

La patronne duVintage Caravan nous explique sa vision du vintage et de la « fastfashion » : « Aujourd'hui, vous avez des marques qui proposentde nouvelles collections à chaque saison, mais le problème, c'est que ça sedémode très vite et tout le monde est "habillé à la mêmeenseigne". J'appelle cela la "fast fashion". Il arrive mêmequ'on croise quelqu'un avec la même veste ou le même pull que soi et ça, jedéteste. Le vintage, c'est personnalisé, et par opposition, c'est dela "slow fashion". Ça évite le gaspillage et lasurconsommation », nous explique-t-elle en rigolant derrière ses lunettesannées 80, et son sourire « rouge à lèvres de pin-up des années 50 ».

« Le vintagea l'avantage que souvent on n'a qu'une pièce unique et donc, personne ne peutavoir la même. Ensuite, c'est la qualité, car bien que les habits aient parfois20-30 ans voire plus, on peut toujours les porter et on sait que ça vatenir », nous explique Liu Ke dont l'habit le plus ancien qu'elle ait dansson magasin date des années 20.

Vintage oui, maispas ringard

Pour ces Chinois,le vintage est donc à la fois une façon de se démarquer et de consommerautrement, mais c'est aussi une façon de se rapprocher du passé sans tomberdans la ringardise. « Le but du vintage, ce n'est pas de s'habiller despieds à la tête comme dans les années 30 ou comme vos grands-parents, nousexplique Liu Ke, mais de le mélanger avec le style actuel. »

Pour la gérantedu Caravan Vintage, c'est quelque chose d'un peu fantaisie : « J'aimebien m'imaginer des histoires sur qui a porté ces habits, et puis il y al'ambiance autour. Les habits vintage ont une âme que n'ont pas les habits desmarques d'aujourd'hui. Ils portent la marque d'une époque. Dans les années 60,le style était plus décontracté, c'était l'époque des hippies. Dans les années70, le style était carrément psychédélique. Dans les années 80, les épaulettespour les vestes des femmes, les formes étaient très massives. Cela marquevraiment une époque différente », nous détaille-t-elle.

« Si vousarrivez à bien marier les habits vintage, ou ne serait-ce qu'un accessoired'époque avec un look contemporain, ça peut faire des étincelles… », nousdit Liu Ke.

Contradiction ounon, le vintage est contemporain et est « à la mode » et ce, partoutdans le monde. Malheureusement, pas de vêtements chinois vintage, puisque c'estseulement vers les années 80 que l'uniforme à col Mao a été abandonné. Alors,pour s'approvisionner, les gérants chinois des magasins de vintage n'ont pasd'autre moyen que d'aller eux-mêmes en Europe, en Amérique ou en Australie pourtrouver la perle rare et faire les stocks du magasin.

« J'ai desamis qui font les brocantes en Angleterre et m'envoient leurs trouvailles. Jevais aussi aux États-Unis, dans les magasins de vintage ou dans les braderiespour trouver des choses. Parfois, je fais venir de la marchandise du Japon, deThaïlande ou de Corée du Sud. » nous explique le gérant de UndergroundVintage.

Pour Liu Ke, lamode vintage en Chine ne concerne pas les habits traditionnels chinois, ni lestyle dit « République de Chine » qui est lui aussi en vogue, maisdiffère du vintage à proprement parler. « Le vintage, ce sont surtout deshabits d'Europe, d'Amérique,d'Australie etc… et cela englobe la période des années 20 aux années 90. Leshabits chinois ne sont pas compris dans cette catégorie », nousexplique-t-elle en vraie professionnelle du domaine.

« Bien sûr,on n'a pas autant de clients qu'une chaîne de vêtement, mais on en a quand mêmepas mal. D'ailleurs, grâce à Internet, on vend beaucoup. Les gens qui n'ont pasl'occasion de venir dans notre magasin achètent sur notre compte Taobao ouWechat », nous explique-t-elle.

Pratiquement tousles magasins de vintage de Beijing sont dotés d'un magasin en ligne ou d'uncompte Weibo ou d'un magasin en ligne pour faire la promotion de leurs nouveauxarrivages. Alors, entre clients fidèles et e-clients, ils tirent bien leurépingle du jeu.

Certains, commeLiu Ke, louent même leurs collections à des équipes de tournage ou descompagnies de théâtre qui ont besoin de costumes « d'époque ».

« En Chine,on commence juste à découvrir mode. En Europe, au Japon et même en Thaïlande,cela fait déjà des années que les gens connaissent le vintage. Ici, ça ne faitque quelques années. Alors finalement, ça marche pas mal pour une mode assezjeune finalement », nous explique le gérant de Underground Vintage qui vabientôt ouvrir son magasin dans un local plus grand.

Et cette mode a égalementpermis à d'anciens métiers de survivre : par exemple l'ancien cordonnierde Gulou Dongdajie qui s'est reconverti dans la confection de chaussures destyle vintage sur-mesure. Chez lui, on trouve des Richelieu, des Derbys, desStanleys, des chaussures de smoking noires en cuir lustré, des chaussures enpeau de serpent, garanties « fait maison » et d'après votre pied.Fier de son métier : c'est l'un des seuls cordonniers faiseurs dechaussures de la capitale, il nous explique que la mode du vintage aconsidérablement augmenté sa clientèle, auparavant surtout réservé aux richesétrangers des ambassades à Beijing. « Les gens voient que même si meschaussures coûtent plus cher que des chaussures de marque, elles sont aussiplus solides et personnalisées. Vous pouvez m'amener une paire de chaussuresque vous aimez bien et je vous la ferai à votre taille. Je fais aussi beaucoupde chaussures vintage parce que les gens m'en demandent. Il n'y pas toujours labonne pointure dans les magasins puisqu'ils ne vendent pas des chaussuresfaites en série, mais uniquement celles qu'ils trouvent. Donc je réalise lesrêves des gens qui veulent avoir des chaussures à leur pointure et qui sontvintage. »Etfinalement, quoi de plus vintage que de finir cet après-midi de shopping-interviewdans les vieux hutong de Beijing en allant vous reposer les jambes au AlbaCafé : style vintage et loft, vieilles tables en bois des années 30,fauteuils des années 50 tout en sirotant un Ginger Ale ou en buvant un bon caféchaud en vous demandant en quelle année et où vous vous trouvez…

今日中国

Tencent honore les jeunes créateurs sur les thèmes de la Cité Interdite

TOP

Le tombeau de Yong, le plus mystérieux des tombeaux des Ming

 

Qui sommes-nous ? | Contact

Copyright2002-2017 www.visitbeijing.com.cn Tous droits réservés