Commission du développement du tourisme de la municipalité de Pékin


Servi sur un plateau

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Nul besoin desuivre les pas d'Alexandra David-Néel et de se lancer dans un long périple àtravers des cols enneigés pour satisfaire une fringale de langue de yak. Les finsgourmets de Beijing peuvent désormais apprécier la nourriture, la culture etl'hospitalité du Tibet au centre même de la capitale chinoise.

« Non seulementles plats servis ici sont différents et délicieux, mais tout est si exotiqueici », dit Li Zhang, un habitué du restaurant tibétain Makye Ame. « Cet endroitest situé à seulement 30 minutes de ma maison, mais chaque fois que je viensici, j'ai l'impression d'avoir franchi les

3 000 km qui meséparent de Lhassa. »

Depuis 2001,Makye Ame fait honneur aux traditions d'hospitalité chaleureuse du hautplateau. En entrant, les clients sont d'abord accueillis par le sourirecharmant de Mima Lhamo, 24 ans, originaire de Shigatsé, la deuxième ville enimportance du Tibet. Vêtued'une magnifique robe traditionnelle, elle mène d'une main de maître une équipede jeunes cuisiniers et serveurs.

« Nos employéssont de jeunes Tibétains venant des trois régions tibétaines de la Chine, àsavoir le Tibet, le Qinghai et le Sichuan », dit-elle avec fierté. « Quant ànos clients, ils viennent de partout, y compris des Tibétains, des Han et desétrangers. »

Makye Ame faitpartie des nombreux restaurants tibétains qui ont ouvert leurs portes àBeijing. En plus d'inviter leurs clients à faire l'expérience d'une aventureculinaire sans pareil, ces restaurants sont peu à peu devenus des canauxpermettant de présenter la culture tibétaine aux résidents de la capitale.

Le dilemme del'authenticité

Fondé en 2001 parZelang Wangqing, un prolifique entrepreneur de la préfecture autonome tibétaineet qiang d'Aba, dans l'ouest du Sichuan, le restaurant Makye Ame est réputépour fournir une expérience culinaire authentique, au risque de faire fuircertains clients.

Lhamo se portegarante de l'authenticité. « Les plats de viande sont exactement ce que l'ontrouve au Tibet, la même préparation et le même goût », dit-elle.

Reflétant lestyle de vie carnivore des Tibétains, le menu comporte des dizaines de plats deviande de yak et de mouton sous toutes les formes. Les clients peuvent étancherleur soif avec une tasse de thé de beurre, la boisson traditionnelle salée duTibet, ou avec divers types d'alcool d'orge du haut plateau.

La plupart desingrédients, comme les produits laitiers et la viande séchée de yak, proviennentdirectement de Lhassa. « La plupart des plats que nous servons ici sont toutsimplement introuvables ailleurs », dit Lhamo.

L'insistance durestaurant à offrir des plats authentiques, sans essayer de les adapter auxgoûts locaux, est à la fois louable et risquée. Si certains clients sontvisiblement satisfaits, d'autres sont sceptiques. « Évitez la tsampa insipide àtout prix », dit un commentaire en ligne, faisant référence au plat préféré desTibétains fait de farine d'orge torréfiée.

Caché au fond desallées étroites de Beijing, non loin de l'attraction touristique de Houhai, lerestaurant Qomolangma est un autre lieu populaire pour les amateurs de cuisinetibétaine à Beijing. Le restaurant, dont le nom signifie Everest en tibétain,s'adresse surtout aux touristes et aux familles, qui sont moins tentés par desaventures culinaires risquées.

Liu Hai,directrice du personnel, explique que le restaurant a dû adapter ses plats poursatisfaire les clients locaux, tout en continuant à offrir certains platstibétains typiques - comme la tête de mouton et le gingembre frit.

« Nous avonsajouté des épices, et puisque la plupart de nos cuisiniers sont des Han, lesplats sichuanais compte pour environ la moitié de notre menu », dit-elle. «Même si la viande vient du Tibet, on ne peut pas dire que le goût soitauthentique. »

Ce processusd'adaptation semble ravir les clients à la recherche de quelque chose dedifférent sans dépasser les limites de leurs papilles gustatives. Mais si cettefusion de plats sichuanais et de viande tibétaine permet au restaurant degagner de nouveaux clients, d'autres restent moins convaincus.

« Quand desdirigeants tibétains visitent Beijing et viennent ici, ils boivent généralementdu thé au beurre et vont manger ailleurs ensuite », explique Liu. « Ils disentque nos plats tibétains ne sont pas assez authentiques. »

Plus qu'un bonrepas

Unecaractéristique particulière de nombreux restaurants tibétains à Beijing estqu'ils se targuent d'offrir une expérience de la culture tibétaine qui vaau-delà de la nourriture.

Pour Gen Nang,les propriétaires de restaurants tibétains ont la responsabilité de faire plusque de combler des appétits. Originaire de la préfecture autonome tibétaine deYushu, au Qinghai, Gen Nang, âgé de 24 ans, a lancé son restaurant TsangyangGyatso en 2015, dans l'arrondissement Haidian de Beijing. Il se sent uneresponsabilité en tant que Tibétain de donner à ses clients une impressionpositive de sa culture.

« Nousaccueillons les Han ici et nous leur servons nos spécialités locales, et mapriorité est de m'assurer qu'ils sont satisfaits et qu'ils repartent avec unebonne image des Tibétains, » dit-il. « La viande provient directement duQinghai, parce que nous voulons donner uniquement les meilleurs ingrédients ànos clients. »

En plus de laqualité des plats, Gen Nang n'a épargné aucun effort pour recréer dans lacapitale chinoise l'atmosphère chaleureuse et accueillante de son Yushu natal.Il a lui-même expédié des drapeaux de prière, des crânes de yak, des tapis etdifférents objets d'art du Qinghai à Beijing pour décorer son restaurant.

Tsangyang Gyatsoest rapidement devenu un endroit préféré des étudiants tibétains et han desuniversités voisines cherchant à se détendre. Un client régulier, Liu Tianqi,de la province du Henan, dit : « C'est fantastique de pouvoir avoir ce genred'expérience à Beijing. J'étudie à côté, et venir ici est comme entrer dans unautre monde. »

Musicien à sesheures, Gen Nang aime régaler ses invités avec des chansons folkloriquestibétaines. « Quand le restaurant est plein, j'aime jouer de la guitare pourmes invités, pour qu'ils puissent à la fois goûter et écouter le plateau duQinghai », dit-il.

Makye Ame chercheégalement à offrir plus que des délices carnivores. Tous les soirs, une troupeprofessionnelle de jeunes musiciens donne aux invités un spectacle spécial dechants et de danses tibétains.

Avant de seproduire, la troupe se promène de table en table et offre à chaque client unhada blanc, une écharpe traditionnelle utilisée au Tibet comme cadeau desalutation. Ce geste symbolique sera très probablement un moment inoubliable dela soirée de la plupart des clients.

Une découverteculturelle

Le propriétairede Makye Ame Zelang Wangqing, maintenant âgé de 50 ans, a rapidement réalisél'énorme potentiel de la cuisine comme moyen de favoriser la compréhensionmutuelle entre les habitants de Beijing et les Tibétains.

« Makye Ame estporteur de la culture de la cuisine tibétaine, et notre restaurant cherche constammentà mettre en valeur et à promouvoir la culture tibétaine. Notre objectif est depermettre à plus de touristes, chinois et étrangers, d'expérimenter et d'avoirune meilleure compréhension de la culture tibétaine », dit-il.

ChristopherSt-Cavish, ancien cuisinier et maintenant auteur vivant en Chine, estime ques'engager dans des expériences culinaires étrangères peut être une occasionpour les gens d'ouvrir leur esprit à d'autres cultures. « La cuisine peut êtreun excellent diplomate », dit-il. « Il semble plus facile d'aimer un pays etses gens quand vous aimez vraiment leur nourriture. »

L'amour de lanourriture a le pouvoir de surmonter les frontières culturelles. Apprécier unplat exotique dans un restaurant ethnique peut être la première étape vers unplus grand respect des autres cultures, un aspect fondamental d'une sociétémulticulturelle.

St-Cavish sesouvient de sa propre expérience liée à son enfance dans une banlieue de Miami,où la chose la plus exotique à portée de main était la nourriture thaïlandaise.« C'était vraiment de la nourriture thaïlandaise assez mauvaise, mais lapromesse qu'elle contenait de découvrir un tout nouveau monde était trèspuissante », dit-il. Cette découverte fut un premier pas dans un voyage quil'amènera en Thaïlande puis finalement en Chine, prouvant que l'amour de lacuisine peut mener vers des découvertes insoupçonnées.

Cela fait écho àla pensée de Krishnendu Ray, professeur agrégé d'études alimentaires àl'université de New York, dans son livre The Ethnic Restaurateur. Ray est unardent défenseur de l'idée que les expériences culinaires peuvent construiredes ponts entre les cultures. « Manger la cuisine d'une autre culture estprobablement la chose la plus facile que l'on peut faire pour échanger aveccette culture », écrit-il.

Mais ces échangesne sont pas spontanés et nécessitent un effort de la part du consommateur. Pourque des découvertes culturelles réelles et significatives aient lieux, ilsuggère aux clients de ralentir, de s'immerger dans l'atmosphère et surtout deprofiter de leur expérience.

« La culturefoodie est maintenant centrée sur une course pour trouver le prochain meilleurrestaurant, mais cette course empêche les gens d'échanger réellement avec lesdifférences culturelles. Parlez aux gens qui vous servent, aux gens derrière lecomptoir, aux gens qui font la cuisine, et voyez si vous pouvez avoir uneconversation avec eux », écrit Ray.

Ce genred'échanges culturels ne sont pas seulement des idées abstraites pour MimaLhamo, cela fait partie de son travail quotidien chez Makye Ame.

« Certainespersonnes ne peuvent pas aller au Tibet, faute de temps ou d'argent, mais iciils peuvent apprécier les plats tibétains et la culture tibétaine sans quitterBeijing », dit Lhamo. « Nous essayons de leur donner un petit peu du Tibetqu'ils peuvent emporter avec eux dans leur cœur. »

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